27/11/2012

Refuser l’austérité, l’urgence d’une autre politique à gauche

 

François Hollande et Jean Marc Ayrault gagneraient à lire le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie… La droite nous expliquait que la soumission aux exigences des marchés financiers, notamment à travers la réduction drastique des déficits publics et l’accélération des contre-réformes libérales, était la seule politique possible. Les dirigeants socialistes expliquent que la réduction des déficits publics et la mise en place de « réformes structurelles » est une condition pour assurer la souveraineté de la France face à la finance ! Il faut se soumettre pour être libre… Le problème est que l’artifice n’a pas duré longtemps. L’intervention de l’agence de notation Moody’s, à travers la dégradation du triple A attribué à l’économie française, résonne comme une injonction autoritaire à renforcer sans cesse les politiques entièrement au service du capital, à présent imposées au nom de la compétitivité.

C’est un choix politique dangereux et lourd de conséquences qui a été emprunté par le pouvoir en place et qui est bien éloigné des aspirations des électeurs de gauche qui avaient voté François Hollande le 6 mai dernier. Derrière le cap du redressement « à marche forcée », qui a pris la place dans le discours présidentiel du « redressement dans la justice », c’est le choix conscient du gouvernement socialiste d’établir un compromis durable avec le patronat français et les classes dirigeants du pays. Cela s’est concrétisé dans trois décisions emblématiques qui marquent les six premiers mois du quinquennat de Hollande. C’est d’abord le choix de limiter la renégociation du traité Merkozy à l’ajout d’un « pacte de croissance » homéopathique et de poursuivre ainsi la généralisation des politiques austéritaires qui sont imposées en Europe. C’est ensuite le choix de se conformer à l’exigence, absurde économiquement, de respecter les 3% de déficits publics à l’horizon 2017, ce qui a pour seul objet de démontrer la « crédibilité » du gouvernement socialiste vis-à-vis de la finance. C’est enfin le choix d’imposer la question de la compétitivité comme la question centrale de ce début de quinquennat, en confiant au dirigeant patronal Louis Gallois la rédaction d’un rapport qui reprendra les obsessions d’un patronat français agressif et déterminé à imposer par tous les moyens ses intérêts. La décision d’augmenter l’impôt le plus injuste qu’est la TVA, pour financer le crédit d’impôt aux entreprises, constitue de toute évidence aux yeux de l’opinion le symbole de l’absence de volonté de changement de la part du président Hollande, lequel avait affirmé publiquement pendant la campagne le caractère injuste et inefficace d’une telle mesure.

La discussion sur le budget de la Sécurité Sociale et le budget de l’Etat s’inscrit dans cette logique. Même si ces budgets comportent des mesures positives (comme le remboursement à 100% de l’IVG pour toutes les femmes et la pilule gratuite pour les filles de 15 à 18 ans, ou des mesures fiscales qui taxeront un peu plus fortement les revenus du capital), les choix politiques du gouvernement se seront menés sous l’auspice de reculs multiples vis-à-vis des exigences des puissances économiques (depuis l’affaiblissement de l’impact de la taxe à 75% pour les revenus de plus de 1 million d’euros par an, à la reculade honteuse vis-à-vis des « Pigeons ») et du refus de la prise en compte des propositions qui étaient portées par d’autres composantes de la gauche, notamment de la part du Front de Gauche (mais aussi de nombreuses propositions faites par les députés EELV). Cette politique ne répond pas aux besoins sociaux et environnementaux urgents, il est nécessaire de s’y opposer et d’imposer une autre politique qui ose être de gauche. C’est l’objectif du Front de Gauche, dont aucun des députés ou sénateurs ne votera pour le budget proposé par le gouvernement Ayrault, et qui est déterminé à démontrer qu’une autre politique est possible et nécessaire pour la gauche.

Les forces existent dans le pays et à gauche pour une autre politique qui s’en prenne à la finance, impose l’égalité, reconstruise les services publics, préserve les emplois et les salaires, défende une véritable République démocratique et sociale. Ce sont les aspirations qui avaient été exprimées avec force il y a tout juste deux ans, dans le puissant mouvement pour la défense de la retraite à 60 ans, et qui ont permis de chasser Sarkozy le 6 mai 2012. Il faut travailler à remettre en mouvement cette énergie. Le succès de la manifestation du 30 septembre 2012 contre le TSCG à l’appel d’un large front de forces associatives, syndicales et politiques démontre la disponibilité qui existe pour imposer une autre logique et faire en sorte que  de véritables changements sociaux et démocratiques deviennent possibles.

23/11/2012

Communiqué Gauche Unitaire contre l’intervention policière à Notre-Dame-des-Landes

 

A Notre-Dame-des-Landes, ce vendredi 23 novembre, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, fort de ce qu’il estime être la force du droit, a décidé recourir à la force tout court. Un dispositif policier massif a été déployé pour expulser manu militari les occupants de la ZAD et raser les abris reconstruits à l’occasion de la grande mobilisation du week-end dernier.

Adieu respect des habitants, de la biodiversité et de la démocratie ! La voie doit être dégagée pour Vinci et entamée dès janvier 2013 la destruction du bocage, quitte à recourir à la violence.

Ce ne sont ni ces objectifs ni ces méthodes qu’on attend du pouvoir élu en mai et juin. Que celui-ci se ressaisisse et entende les avis qui à présent viennent de partout pour dénoncer dans le nouvel aéroport un projet dispendieux, inutile et nuisible.

Solidarité avec celles et ceux qui sur place s’y opposent avec détermination !

Des rassemblements de protestation se tiendront dès aujourd’hui dans de nombreuses villes de France. A Paris, rendez-vous est donné à 18h Place du Président Édouard Herriot.

21/11/2012

Gaza : arrêt immédiat des frappes israéliennes !


Gauche Unitaire condamne l’agression du gouvernement Netanyahu contre la population de Gaza. Rien ne justifie l’emploi d’une telle violence. Le chiffre de 100 morts a été dépassé hier. Ces bombardements et toutes les opérations militaires en cours doivent cesser immédiatement !

La politique du gouvernement de droite et d’extrême-droite au pouvoir actuellement en Israël risque d’emporter toute la région dans un conflit aux conséquences dramatiques. C’est inacceptable !

On voit bien les objectifs de l’opération « pilier de défense » déclenchée par l’armée israélienne : briser la lutte du peuple palestinien en défense de ses droits nationaux, contrecarrer le juste objectif des Palestiniens de se faire reconnaître comme Etat non membre de l’ONU et détourner vers la question « sécuritaire » les enjeux de la campagne électorale qui s’ouvre en Israël.

La sécurité d’Israël et de la Palestine ne sera pas assurée sans une paix juste et durable au Proche-Orient. Cela passe par une résolution politique du conflit et la reprise des négociations de paix sur la base des résolutions des nations unies pour un état palestinien souverain dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, et avec une solution juste sur la question des refugiés. Cela passe aussi par des mesures immédiates : la fin du blocus de Gaza,  l’arrêt de la spoliation du peuple palestinien et de la politique de colonisation des territoires occupés depuis 1967 et leur évacuation.

Gauche Unitaire soutien la demande palestinienne d’admission comme membre de plein droit par l’ONU. Dans l’immédiat et compte tenu du veto opposé par les Etats-Unis à cette demande au conseil de sécurité elle soutient la résolution palestinienne qui doit être présentée à l’Assemblée générale pour se faire reconnaître le statut d’Etat non membre.

Le gouvernement français doit cesser de tergiverser et agir résolument contre la politique de force ouverte du gouvernement israélien. Ce qui suppose de prendre les initiatives qui s’imposent en faveur de la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.

Gauche Unitaire

14/11/2012

Intervention de Jacques Lerichomme Conseiller Régional Front de Gauche (GU) portant sur le vœu du groupe Front National contre le droit de vote des étrangers.

 

En ces temps de crise économique et sociale, la question du droit de vote des étrangers ne doit pas être considérée comme accessoire.

L’enjeu central de l’obtention du droit de vote des résidents étrangers aux élections, au moins locales, c’est tout simplement : la démocratie.

Si la démocratie ne se limite pas au droit de vote, celui-ci est néanmoins le principal symbole de la citoyenneté, l’instrument par lequel chaque citoyen exprime sa voix et contribue de manière effective aux décisions prises au nom de l’intérêt général et à la désignation des personnes qui le représentent dans différentes instances.

C’est un acte citoyen par lequel on se manifeste en tant que membre d’une communauté politique, d’une communauté de destin.

Participer à la communauté politique, en démocratie, c’est reconnaître l’égalité entre tous les citoyens, c’est reconnaître leur diversité et leur liberté. C’est accepter les règles du vivre ensemble sans lesquelles il n’est pas de société démocratique.

La citoyenneté est donc bien l’une des composantes du lien social.

Dans tous les pays de l’Union Européenne, les résidents originaires d’un autre pays de l’UE ont le droit de vote aux élections municipales et européennes dès le début de leur résidence, sans aucune condition en termes d’assimilation ou de naturalisation.

Pourquoi exiger ces conditions pour les étrangers non européens qui vivent ici, avec nous, depuis de nombreuses années ? En renforçant l’idée que les étrangers n’ont pas leur place dans la société, on augmente le sentiment d’inégalités et d’injustices sociales.

On voit bien que le droit de vote n’est pas lié à la nationalité. Le Conseil de l’Europe recommande aussi de donner à chacun des pays membres le droit de voter aux étrangers extracommunautaires. Sur les 27 pays de l’Union Européenne, 19 ont déjà appliqué le droit de vote des étrangers.

Il s’agit donc bien aussi d’une volonté internationale.

Quelle est la légitimité d’exclure de la vie politique une partie entière de notre population ? Ce n’est pas la nationalité qui fait vraiment le ciment entre citoyens. C’est le fait de vivre ensemble. Dans leur quartier, dans leur ville, ces citoyens sont des acteurs indispensables à tous les actes de notre vie commune : salariés, commerçants, parents d’élèves, conseillers des Prud’hommes, membres d’associations, représentants syndicaux… Ils partagent le même quartier, les mêmes écoles, les mêmes services publics, ils payent leurs impôts en France. C’est tout cela qui fait la citoyenneté !

C’est pourquoi, Monsieur le Président, cher-e-s collègues, comme le proposait le Président de la République pendant la campagne, il est essentiel de légiférer, dès maintenant, pour que les résidents étrangers aient enfin le droit de vote aux élections locales.

C’est le sens de l’appel des 110 maires de France, c’est le sens du vote du Sénat.

Pour le Front de Gauche : « Ils travaillent ici ! Ils vivent ici ! Ils restent ici ! Ils votent ici ! »

Dans une période de crise économique et sociale majeure, cette motion est une fois de plus l’instrumentalisation de la xénophobie.

Le groupe Front de Gauche repoussera donc avec la plus grande énergie la motion du Front National.

Et puisque dans sa motion, le Front National se réclame de la souveraineté nationale, permettez-moi quelques remarques à ce sujet.

Votre motion se réclame de la République et de ses idéaux, de ses valeurs, mais Madame le Pen a beau essayer de donner des gages de responsabilité, vous ne serez jamais des démocrates, jamais des républicains.

Notre République, c’est la république accueillant le petit Nathan Korb, qui arrivant de sa Pologne natale ne parlait que yiddish, et pas un mot de français. Grâce à la République et à l’école républicaine, Nathan Korb est devenu l’un des plus grands auteurs compositeurs Français, connu sous le nom de Francis Lemarque.

Notre République c’est celle du petit Georges Charpak venu du ghetto polonais. Lui non plus ne parlait pas français, il est devenu l’honneur de notre pays en recevant le prix Nobel de physique.

Notre République, c’est celle des 27 fusillés de Châteaubriand et celle du groupe Manouchian.

Face à la haine dont vous êtes les héritiers, ceux-là ont défendu jusqu’au dernier souffle la fraternité des peuples, et cette souveraineté du peuple français, à laquelle vous vous référez, quand d’autres étaient du côté de la Ligue des volontaires français, des collabos, de Pétain.

Avec vous, Zinedine Zidane n’aurait pas pu offrir à la France une coupe du monde.

A chacun son Histoire. La nôtre, c’est celle de la solidarité et de la fraternité ; c’est l’Europe des peuples, l’antiracisme, la lutte contre l’antisémitisme, à chacun ses valeurs.

A ce moment de mon intervention, je veux saluer ici un grand républicain, Roger Meï, le maire de Gardanne qui aujourd’hui face au poison que vous distillez, a le courage d’accueillir dans des conditions décentes 60 famille Rroms.

Pour notre part, au Front de Gauche, nous continuerons à nous battre pour une autre Europe, celle des peuples unis contre l’austérité, pour la démocratie et la tolérance.

12/11/2012

Communiqué du Parti communiste français et de Gauche Unitaire

 

Le lundi 22 octobre, des délégations du Parti communiste français (Pierre Laurent, Olivier Dartigolles, Francis Parny, François Auguste) et de Gauche unitaire (Christian Picquet, Alain Faradji, Marie-Pierre Toubhans, François Calaret, Francis Sitel) se sont rencontrées pour procéder à un tour d’horizon politique. 

Elles ont constaté leurs grandes convergences sur l’appréciation de la nouvelle situation ouverte par les victoires électorales du printemps, le danger que les reculs du gouvernement de François Hollande face au mur de l’argent ne provoque une terrible déception faisant le jeu d’une droite de plus en plus influencée par le Front national, la nécessité que soit mise en œuvre une autre politique. Pour les deux formations, l’heure est donc au rassemblement de toutes les énergies disponibles au combat pour une majorité et un gouvernement à la hauteur des attentes populaires.

 

Les deux délégations ont en ce sens conclu qu’il revenait au Front de gauche de poursuivre et amplifier son action, d’être la force de propositions et de mobilisation dont notre peuple a besoin dans la perspective d’une rupture franche avec le modèle néolibéral, d’être à l’initiative d’un vaste front anti-austérité dans le prolongement du succès de la marche organisée le 30 septembre contre la ratification du traité budgétaire européen. Ce qui implique qu’il actualise sa démarche stratégique, qu’il renforce ses structures de travail à tous les niveaux, de son conseil national à ses fronts thématiques ou au Front des luttes, qu’il s’enracine sur le terrain grâce au développement des assemblées citoyennes, qu’il s’ouvre à toutes celles et tous ceux qui partagent son ambition pour la gauche.

 

Les deux délégations ont en outre relevé que les réflexions de chacune des composantes du Front de gauche s’enrichissaient de l’expérience réalisée en commun. Le Parti communiste français a, dans ce cadre, présenté les enjeux et objectifs de son congrès de mars 2013. Gauche unitaire, pour sa part, a fait état des débats engagés avec d’autres organisations dans le but de contribuer à l’essor du Front de gauche. 

 

A l’issue de la rencontre, et au vu des éléments convergents de réflexion qu’elle aura fait apparaître, il a été convenu de mettre en place un groupe de travail commun chargé d’approfondir l’échange entre les deux formations sur les enjeux de la période politique et les objectifs qui en découlent pour la reconstruction d’un projet d’émancipation pour le XXI° siècle.